Entre crues méditerranéennes brutales et sécheresses prolongées, les Pyrénées-Orientales ont toujours composé avec une ressource en eau capricieuse mais précieuse. Pour faire face à ces enjeux, le territoire s’est doté, au cours du temps de nombreuses infrastructures hydrauliques (canaux, barrages, digues…). Aujourd’hui exploités par une diversité d’acteurs, dont le Département, ces ouvrages permettent de limiter les inondations, de stocker de l’eau, d’irriguer les terres agricoles, d’alimenter en eau potable ou encore de produire de l’électricité. LES OUVRAGES APPARTENANT AU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ORIENTALES Trois grands barrages appartiennent au Département : le barrage de Vinça sur la Têt, le barrage de l’Agly et la retenue de la Raho. Mis en service entre 1977 et 1994, ils totalisent une capacité de stockage de près de 70 millions de m³ d’eau. En tant que propriétaire, le Département des Pyrénées-Orientales gère ses infrastructures avec l’appui d’un exploitant spécialisé (BRLe) chargé de la surveillance quotidienne et de la maintenance. Construit en moyenne vallée de la Têt, le barrage de Vinça est un barrage-poids en béton qui retient jusqu’à 24,5 millions de m³ d’eau. Son fonctionnement suit un cycle saisonnier : il se remplit progressivement entre l’hiver et le printemps, puis toute l’eau est déstockée pendant l’été pour soutenir
Boire un verre d’eau au robinet ou tirer la chasse d’eau : deux gestes anodins qui reposent pourtant sur une organisation rigoureuse, de la production d’une eau potable à l’épuration des eaux usées. La rendre disponible 24 heures sur 24, à un prix abordable et avec une qualité contrôlée, puis la restituer propre au milieu naturel une fois utilisée, mobilise une chaîne technique et humaine qui commence au captage et se termine au retour en milieu naturel. Dans les Pyrénées-Orientales, garantir cette distribution d’eau au quotidien est un défi d’autant plus exigeant que le territoire connaît, depuis plusieurs années, des sécheresses récurrentes qui interrogent l’avenir même de la ressource. OUVRIR SON ROBINET POUR AVOIR DE L’EAU : UN GESTE TRÈS RÉCENT Avoir de l’eau potable simplement en ouvrant un robinet, et voir ses eaux usées disparaître d’une simple chasse d’eau, sont devenus des gestes si naturels que leur histoire est souvent oubliée. À l’échelle de l’humanité, ce confort est pourtant une acquisition extrêmement récente, qui ne fait partie du quotidien de la quasi-totalité des Français que depuis quelques décennies à peine. Il est important de rappeler qu’à l’échelle mondiale, un quart de la population n’a toujours pas accès à une eau potable sûre
Dans les Pyrénées-Orientales, l’eau manque. Mais elle peut aussi déborder. Sécheresse et pluies méditerranéennes parfois violentes dessinent un paradoxe que notre territoire apprend à affronter. La gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP) répond à ces deux enjeux à la fois : au lieu d’évacuer la pluie au plus vite, elle invite à la retenir en partie, à l’infiltrer et à la valoriser là où elle tombe. Un changement de regard qui redonne à l’eau son rôle de ressource. DU « TOUT-À-L’ÉGOUT » À LA GESTION INTÉGRÉE : 150 ANS D’ÉVOLUTION ET D’HISTOIRE À L’ÉCHELLE DE LA FRANCE Avant l’urbanisation massive, la pluie suivait un cycle simple. Sur les surfaces naturelles, la majeure partie de l’eau de pluie s’infiltrait dans le sol pour recharger les nappes souterraines. Une autre partie était captée par les plantes, qui la transmettent à l’atmosphère par évapotranspiration. Seule une faible part ruissellait en surface. Trois partenaires : l’eau, le végétal et le sol, formaient un tiercé gagnant. À la fin du XIXe siècle, sous l’impulsion du courant hygiéniste pour éviter la propagation des maladies, les villes se dotent de grands réseaux unitaires : un seul tuyau collecte eaux usées et eaux pluviales pour les éloigner des habitations le plus vite possible.
L’eau est une ressource renouvelable, mais limitée. De 2022 à 2025 les Pyrénées-Orientales ont vécu une crise de l’eau sans précédent. Rivières à sec, nappes au plus bas, villages privés d’eau potable : ce que le département a traversé n’est pas un accident climatique passager. C’est le signe concret d’un basculement durable, appelé à s’intensifier dans les décennies à venir. Titre Projection climatique : Évolution de la durée des sécheresses agronomiques en Europe (en mois/30 ans) © GIEC CE QUE NOUS VIVONS DÉJÀ Les Pyrénées-Orientales sont le seul département de France à avoir connu des restrictions d’eau continues depuis 2022. Cette crise ne s’est pas installée du jour au lendemain : elle est le résultat d’une dégradation progressive, année après année. LES IMPACTS SUR LA RESSOURCE Le changement climatique ne se résume pas qu’au manque de pluie. Il déséquilibre en profondeur le cycle de l’eau et, avec lui, tout ce qui en dépend : la disponibilité de la ressource, sa qualité, le risque d’inondation, la biodiversité des milieux aquatiques et l’ensemble de nos usages. Une ressource qui se raréfie et une qualité d’eau menacée En France, il ne pleut pas forcément moins qu’avant en cumul annuel, mais la pluie se
Entre sommets pyrénéens et rivages méditerranéens, l’eau modèle le paysage des Pyrénées-Orientales. Elle circule à la surface, dans des milieux variés et visibles, mais elle s’écoule aussi de manière invisible, dans de vastes réservoirs souterrains. Cet ensemble de circulations naturelles constitue le grand cycle de l’eau, qui relie les milieux de surface et les milieux souterrains à l’échelle du territoire. Comprendre ces milieux complémentaires, à la surface comme sous terre, permet de mieux mesurer leur rôle vital pour les habitants, l’environnement et la biodiversité, ainsi que leur fragilité face aux pressions humaines et au changement climatique. LES EAUX SUPERFICIELLES Dans les Pyrénées-Orientales, l’eau superficielle parcourt un chemin remarquable : sur quelques dizaines de kilomètres, elle descend des sommets pyrénéens jusqu’à la Méditerranée. Cette trajectoire façonne une succession de milieux aquatiques très différents et riches tels que des lacs de haute altitude, des cours d’eau, des zones humides de plaine, des lagunes côtières et la mer. Chacun de ces milieux joue un rôle propre dans le fonctionnement écologique du territoire. Les cours d’eau et leurs bassins versants Six grands fleuves structurent le département, dont 4 s’écoulent d’Ouest en Est : l’Agly, la Têt, le Réart et le Tech. Nés dans les massifs
Le territoire des Pyrénées-Orientales est au cœur d’un « point chaud de la biodiversité » méditerranéen, il possède une grande richesse écologique, tant par sa mosaïque de milieux naturels que ses espèces emblématiques, facteur important de l’attractivité du département. Que ce soit le littoral, les plaines, les contreforts et piémonts ou encore les montagnes, tout le territoire révèle une remarquable biodiversité animale et végétale. Pas moins de 234 espèces animales et 658 espèces végétales remarquables sont connues dans le département. Afin de les préserver, les Pyrénées-Orientales comptent 11 réserves naturelles, 2 parcs naturels régionaux, un parc naturel marin, un Grand site de France. 30 % du territoire départemental est couvert par des espaces inventoriés au réseau européen Natura 2000. Pourquoi préserver la biodiversité ? La biodiversité est une « assurance santé », Les plantes, les animaux, les micro-organismes offrent de nombreux services qui contribuent à rendre l'être humain plus résistant face aux maladies. L’oxygène que nous respirons, notre nourriture et l’eau que nous consommons, les médicaments ou encore de nombreuses matières premières qui nous servent à nous loger ou nous vêtir (bois, fibres telles que laine, coton, chanvre…) : tout cela nous vient de la nature. Enjeux de la dégradation Mais ce patrimoine