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Le petit cycle de l’eau

Boire un verre d’eau au robinet ou tirer la chasse d’eau : deux gestes anodins qui reposent pourtant sur une organisation rigoureuse, de la production d’une eau potable à l’épuration des eaux usées. La rendre disponible 24 heures sur 24, à un prix abordable et avec une qualité contrôlée, puis la restituer propre au milieu naturel une fois utilisée, mobilise une chaîne technique et humaine qui commence au captage et se termine au retour en milieu naturel.

Dans les Pyrénées-Orientales, garantir cette distribution d’eau au quotidien est un défi d’autant plus exigeant que le territoire connaît, depuis plusieurs années, des sécheresses récurrentes qui interrogent l’avenir même de la ressource.

robinet eau

OUVRIR SON ROBINET POUR AVOIR DE L’EAU : UN GESTE TRÈS RÉCENT

Avoir de l’eau potable simplement en ouvrant un robinet, et voir ses eaux usées disparaître d’une simple chasse d’eau, sont devenus des gestes si naturels que leur histoire est souvent oubliée. À l’échelle de l’humanité, ce confort est pourtant une acquisition extrêmement récente, qui ne fait partie du quotidien de la quasi-totalité des Français que depuis quelques décennies à peine. Il est important de rappeler qu’à l’échelle mondiale, un quart de la population n’a toujours pas accès à une eau potable sûre à domicile, et 40 % ne dispose pas de services d’assainissement adéquats.

COMPRENDRE LE CYCLE DE L’EAU

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Le « petit cycle de l’eau » désigne le parcours organisé par l’humain pour rendre l’eau potable, l’acheminer jusqu’à chaque habitation, puis la dépolluer avant de la restituer à l’environnement. Il vient compléter le « grand cycle de l’eau ».

Ce parcours se décompose en plusieurs grandes étapes, chacune encadrée par des règles précises et des contrôles réguliers.

Le parcours commence par le prélèvement de l’eau dans le milieu naturel, en surface ou en profondeur. Dans les Pyrénées-Orientales, 500 captages alimentent les habitants du territoire.

Ces captages sont divisés en 3 grands types :

 

  • les sources (eau souterraine qui émerge naturellement à la surface)
  • les prises d’eau en rivières et lacs
  • les puits et forages (eaux souterraines prélevées directement sous terre)

Plus de 95 % de la population des PO est alimentée par des eaux souterraines, moins vulnérables aux pollutions et aux sécheresses que les eaux de surface : c’est un atout précieux pour le territoire.

Un soutien technique et financier assuré par le Département : Parce que la gestion de l’eau est complexe, le Département des Pyrénées-Orientales via le SATEP (Service d’Appui Technique à l’Eau Potable) apporte un appui technique précieux aux collectivités. Ce service spécialisé les accompagne dans la mise en place d’une gestion patrimoniale du service (réalisation des schémas directeurs d’eau potable et planification pluriannuelle priorisée des investissements) et pour les conseiller afin que leurs installations fonctionnent de manière optimale. Ce soutien technique gratuit est particulièrement crucial pour les petits villages ruraux. Les actions prioritaires identifiées dans les schémas directeurs peuvent ensuite bénéficier d’aides financières du Département et de l’Agence de l’eau.

L’eau prélevée doit subir une série de traitements adaptés à son origine :

 

  • L’eau des nappes souterraines : Naturellement protégée, elle ne nécessite pas de traitements lourds pour la rendre potable. Parfois un simple traitement préventif pour éliminer les bactéries est suffisant (rayons UV ou chloration).
  • L’eau de surface, directement exposée à l’air libre, aux apports du bassin versant et aux variations météorologiques, présente généralement une qualité plus variable que l’eau souterraine. Sa transformation en eau potable nécessite donc un traitement plus complet. Dans les usines, elle est d’abord débarrassée des débris visibles, puis subit plusieurs étapes de clarification, de filtration et de désinfection, parfois complétées par des procédés plus poussés comme le charbon actif ou l’ultrafiltration.

Une protection constante jusqu’au robinet : Quelle que soit son origine, l’eau prélevée reçoit une infime dose de chlore (0,1 à 0,5 mg/l) qui garantit une sécurité sanitaire durant tout son voyage dans les kilomètres de canalisations.

En Occitanie, la qualité sanitaire de l’eau potable repose sur une double surveillance. D’une part, les exploitants suivent le fonctionnement de leurs installations et réalisent des autocontrôles. D’autre part, l’Agence régionale de santé (ARS) réalise un contrôle sanitaire indépendant afin de vérifier que l’eau distribuée respecte bien les exigences réglementaires.

Plus de 15 000 points de surveillance sont analysés dans la région, et près de 330 paramètres peuvent être analysés selon les situations : microbiologie, physico-chimie, pesticides, nitrates, métaux et autres substances pouvant affecter la qualité de l’eau.

Une fois traitée, l’eau potable est stockée dans des réservoirs ou des châteaux d’eau, qui assurent sa disponibilité à toute heure et maintiennent une pression suffisante dans le réseau jusqu’aux habitations.

Son acheminement sur plusieurs kilomètres implique toutefois un enjeu majeur : limiter les pertes sur le réseau, dont les fuites. Ces pertes réduisent la quantité d’eau qui parvient réellement aux usagers et constituent donc un levier important pour préserver la ressource et sécuriser l’approvisionnement. Cette performance est mesurée à l’aide du rendement du réseau, c’est-à-dire la part de l’eau introduite qui atteint effectivement les consommateurs. Un rendement de 80 % signifie ainsi que 20 % de l’eau produite est perdue avant d’arriver au robinet.

Le rendement moyen est de 66,55 % sur le territoire en 2024.

Une fois utilisée, l’eau est collectée par un réseau dédié, puis acheminée vers une station d’épuration. Là, elle subit plusieurs étapes de nettoyage avant d’être restituée au milieu naturel. Dans le département, 195 stations d’épuration urbaineS (STEP) sont recensées avec une capacité globale de traitement de 1 202 540 équivalents habitants (unité qui mesure toute la pollution d’un territoire en la convertissant en un nombre d’habitants).

Les techniques employées dans les Pyrénées-Orientales s’adaptent aux spécificités et aux besoins des territoires :

 

  • Dans la majeure partie des zones urbaines denses : ce sont les stations à boues activées (45 % des STEP) qui prédominent. Ce procédé utilise des micro-organismes qui décomposent les matières organiques dans de grands bassins.

  • Dans la majeure partie des communes rurales, les filtres plantés de roseaux (19 % des STEP) sont privilégiés. Ces installations utilisent les racines des plantes et le sable pour filtrer l’eau naturellement, une méthode efficace qui consomme très peu d’énergie.

  • Pour certaines autres collectivités, le système du décanteur-digesteur (18 % des STEP) est une solution adaptée. Son fonctionnement est purement physique et biologique : dans un premier compartiment, les matières solides se déposent au fond par simple gravité (c’est la décantation). Ensuite, ces matières sont lentement décomposées par des bactéries dans une seconde cuve (c’est la digestion).

D’autres techniques d’épuration sont également utilisées dans le département : filtres à sable ou à infiltration, disques biologiques, lagunages, et d’autres encore. Chacune est choisie en fonction des caractéristiques locales (altitude, milieu récepteur…) et des contraintes techniques de la commune concernée.
Le Département des Pyrénées-Orientales propose aux collectivités un appui spécialisé : le SATESE (Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Stations d’Épuration). Ce service intervient dans un rôle de conseil et d’accompagnement. Concrètement, le SATESE aide les collectivités à suivre le bon fonctionnement de leurs installations et à en optimiser les performances. Il les conseille également dans l’élaboration de leurs schémas directeurs et dans la planification de leurs investissements.
Ce soutien, gratuit, est particulièrement précieux pour les petites communes rurales, qui ne disposent pas toujours des moyens techniques nécessaires en interne. Les actions prioritaires identifiées dans ce cadre peuvent ensuite bénéficier d’aides financières du Département et de l’Agence de l’eau.

Un prix maîtrisé et inférieur à la moyenne française

Le prix moyen de l’eau potable en France en 2024 est de 4,34 euros par m³. Ce prix se décompose :

 

  • 2,13 euros pour le coût de production et de distribution de l’eau potable
  • 2,21 euros de coût de l’assainissement collectif

En 2020, le prix moyen de l’eau dans les Pyrénées-Orientales était de 3,42 euros pas m³ TTC (Source : Synthèse EAU’RIZON 2070).

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Direction Eau et Environnement
Service EAU SATEP SATESE
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