
Ce vendredi 29 mai après-midi, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, Hermeline Malherbe, présidente du Département des Pyrénées-Orientales, et Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial du camp de Rivesaltes, en présence d’Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, et d’Agnès Langevine, vice-présidente de la Région en charge du Défi climatique, du Pacte verte et de l’Habitat durable, ont inauguré le nouvel espace d’exposition permanente du Mémorial du camp de Rivesaltes.

Entièrement rénové pour un montant de 2,6 M€ sous maîtrise d’ouvrage de la Région Occitanie, avec le soutien du Département des Pyrénées-Orientales et de l’Europe, ce nouveau parcours scénographique a été repensé pour proposer au public une relecture approfondie de l’histoire du camp, intégrant les avancées de la recherche et les enjeux contemporains de la transmission, avec une approche renouvelée de la médiation auprès des publics.


« La refonte du parcours repose sur une conviction simple : un mémorial ne doit pas être un sanctuaire, mais un espace critique où l’on ne vient pas seulement apprendre, mais comprendre. Au Mémorial du camp de Rivesaltes, le passé ne dort pas. Il travaille le présent. C’est précisément pour cela que ce lieu compte aujourd’hui plus que jamais – et que les collectivités fondatrices, la Région Occitanie et le Département des Pyrénées-Orientales, ont soutenu cette restructuration émancipatrice. » a déclaré Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial du camp de Rivesaltes.

Entièrement rénové pour un montant de 2,6 M€ sous maîtrise d’ouvrage de la Région Occitanie, ce projet n’est pas un simple réaménagement fonctionnel, ni une mise à jour technique. C’est une mise à l’épreuve du lieu par lui-même : une invitation à revisiter ses fondements, ses usages, sa vocation politique
et éducative. Il s’inscrit dans un contexte européen marqué par l’érosion des repères démocratiques, la montée des radicalismes, et la résurgence de discours
négationnistes ou relativistes sur les violences du passé.
REFONTE DE LA SCÉNOGRAPHIE DE L’EXPO PERMANENTE
Inauguré en 2015, le Mémorial du camp de Rivesaltes a rempli les missions qui lui
avaient été assignées par les collectivités fondatrices à travers ce projet coopératif et volontariste :
porter à la connaissance du grand public un pan méconnu de l’histoire, offrir un lieu de recueillement, accueillir chercheurs et scolaires, animer un espace de
mémoire vivant.
Et pourtant, à l’approche de son dixième anniversaire, nous avons décidé de refondre intégralement le parcours scénographique. Pourquoi ? Parce que, précisément, il ne suffit pas de conserver la mémoire. Il faut sans cesse en réinterroger les modalités de transmission.
Dans un monde où les formes de réception culturelle changent, où les connaissances progressent, où les publics évoluent, un musée qui ne se transforme pas court le risque de l’atonie. Il devient un objet figé, alors que notre devoir est de rester en prise directe
avec les urgences du présent.
Refondre le parcours scénographique, c’est affirmer que le Mémorial n’est pas un sanctuaire, mais un espace critique : un lieu où l’on apprend à lire les strates du passé non pour les enfermer dans des récits clos, mais pour mieux en saisir les échos dans le monde contemporain.
Le Mémorial du Camp de Rivesaltes, c’est à la fois un lieu des mémoires qui permet le recueillement, mais c’est également un lieu de recherche qui produit de la connaissance sur les différentes périodes qui jalonnent l’usage de ce camp hors norme.
Enfin, c’est aussi un lieu de transmission de cette histoire singulière et sédimentée. 10 ans après l’ouverture du Mémorial, force est de constater que la connaissance historique a considérablement progressé. Comment ? Grâce à la dynamique interne de recherche impulsée par les conseils scientifiques successifs, par les différentes journées d’études organisées, par les travaux des chercheurs accueillis en résidence ou encore à travers les expositions temporaires consacrées à des périodes moins documentées ou des mémoires moins structurées, telle que la mémoire des nomades.

Parallèlement, la fonction de «transmission» a pris une place de plus en plus importante dans l’activité quotidienne du site, notamment en direction des plus jeunes qui représentent aujourd’hui plus de la moitié de la fréquentation du Mémorial.
Cette dynamique implique de mettre à jour les contenus historiques et de prendre en compte l’évolution des pratiques, des profils et des attentes des visiteurs/usagers. Elles et ils ne sont plus les mêmes qu’il y a 10 ans : les publics non lecteurs sont de plus en plus nombreux. Les séquences d’apprentissages impliquent une variété des médiums proposés pour rythmer la visite et s’adresser à chacune et à chacun.
10 années d’exploitation du lieu sont également riches d’enseignements quant aux adaptations qui permettraient d’améliorer encore l’expérience de visite.
La phase de préfiguration du Mémorial a notamment été consacrée à la collecte de témoignages d’internés des différentes périodes du camp ou d’acteurs du processus de mémorialisation. La refonte nous permet d’envisager une exploitation « augmentée » de cette ressource et une mise à disposition du public optimisée sous 3 formats distincts en lieu et place des forêts de témoins.
Le confort de visite sera assuré par le renforcement de la lisibilité de l’organisation spatiale du site / du bâtiment et des fonctions qu’il abrite. Plusieurs axes de travail ont notamment été traités : de la signalétique externe et interne, mais également une intervention sur le déambulatoire qui sera prolongé pour inviter le visiteur à démarrer par l’exposition permanente.
Enfin, un espace de médiation dédié sera aménagé dans une partie de l’actuel espace d’exposition temporaire. Il évitera les conflits d’usage avec les autres visiteurs et permettra aux médiateurs de prendre en charge les groupes dans des conditions optimales. Ils pourront ainsi mobiliser plus aisément les ressources de l’exposition permanente dans le séquençage de leur visite.
L’ensemble du Nouveau Parcours de visite a été pensé pour être accessible à tous. A rebours de l’histoire d’un camp marqué par l’enfermement, par la relégation et par les discriminations, le Mémorial se veut tout au contraire un lieu d’ouverture et d’inclusion. Cette ambition implique de ne laisser aucune personne au seuil de l’établissement et d’être en mesure de proposer à chacune et chacun de ses usagers un niveau de service équivalent.














