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Palais des Rois de Majorque

1916 - 2016 CENTENAIRE des batailles de VERDUN et de la SOMME

Pendant la Première Guerre Mondiale, des milliers de catalans ont été mobilisés dans des dizaines d'unités très diverses de l'armée française. Une grande partie d'entre eux ont rejoint au pied du palais des rois de Majorque les rangs des cinq régiments levés dans notre département : le 53ème régiment d'infanterie et sa réserve le 253ème, le 24ème régiment d'infanterie coloniale et sa réserve le 44ème et le 126ème régiment d'infanterie territoriale.

En 1916, les hommes des 53ème, 24ème et 44ème se sont courageusement illustrés lors des terribles batailles de Verdun et de la Somme. Leurs camarades du 253ème tenaient le front en Alsace tandis que le 126ème, formé de vétérans, faisait face à une insurrection en Tunisie où il assurait la sécurité des voies de communication et la surveillance des prisonniers de guerre allemands.

La renaissance du fleuron de l'architecture gothique en Roussillon

Edifié dans le dernier quart du XIIIème siècle, le palais des rois de Mallorca de Perpignan s'inscrit dans la lignée des grands palais-forteresses de la fin du Moyen Age qu'il précède de plusieurs décennies tels le Palais des Papes d'Avignon ou les châteaux de Karlstejn (Tchéquie) et de Vincennes. Sa transformation en arsenal et son enfermement au coeur des citadelles construites entre le XVème et le XVIIème siècle par les français et les espagnols ont contribué paradoxalement à sa conservation.

Restauré à partir de la fin des années 1940, ouvert au public en 1958, son parti architectural est encore source de discussions passionnées et passionnantes. L'étude archéologique du bâti commandée par le Département des Pyrénées Orientales et réalisée en 2004 par Agnès Marin pour HADES a permis de mieux connaître la chronologie de sa construction.

En 2009, le Pôle Archéologique Départemental dirigé par Olivier Passarius a mené les fouilles induites par la restauration du pavement de la grande cour. Elles ont mis au jour plusieurs silos à grain et un réseau de canalisations destinées à approvisionner la citerne du palais en eau de pluie. Plus inattendu, un site datant du néolithique a été découvert à l'entrée du monument. En 2013, l'aménagement de la vaste esplanade à l'entrée du monument a mis au jour un large fossé, une ancienne porte et un tronçon de l'enceinte de la première citadelle médiévale aujourd'hui disparue.

Le premier colloque international consacré au palais s'est tenu dans ses murs en 2011, année du 700ème anniversaire de la disparition de son constructeur, le roi Jaume II de Mallorca. Les actes du colloque, parus aux éditions Trabucaïre, permettent de franchir un nouveau palier dans la connaissance du monument phare de Perpignan grâce aux contributions éclairées de plus de 40 auteurs.

Aujourd'hui, alors que les travaux d'entretien des façades extérieures et des escarpes du fossé touchent à leur fin, l'étude du décor peint se poursuit. Grâce à la vigilance du personnel du monument, des vestiges méconnus ont été localisés en 2014. Leur restauration n'est qu'une question de temps ...

Un palais royal de la Méditerranée

Le palais des rois de Mallorca est un palais-forteresse de style gothique. Construit dans le dernier quart du XIIIème siècle sous le règne du roi Jaume II qui s'installe à Perpignan en 1276, sa construction s'achève à l'orée du XIVème siècle. Entouré de jardins, il s'élève sur une colline au sud de la ville, le "puig del rey". Dans le sillage du souverain, les premiers maîtres d'oeuvre sont Ramon Pau et surtout Pons Descoyl, très actif à Perpignan et dans les îles Baléares.

Le plan du palais, très fonctionnel et novateur pour l'époque, forme pratiquement un carré de 60 mètres de côté. Il s'organise en deux grands espaces parfaitement différenciés : l'espace public autour de la plus grande cour et l'espace privé autour de deux cours plus petites. L'ensemble est dominé par la chapelle, en position centrale, qui marque la prépondérance du spirituel sur le temprel. L'architecture de la chapelle la rapproche de la Sainte-Chapelle de Paris, de peu antérieure, avec ses deux sanctuaires superposés et son large porche. On pénètre dans le palais par l'ouest, dans la cour la plus vaste, après avoir franchi un fossé, une barbacane et deux portes sous une tour-porche dite Tour de l'Hommage. Outre la chapelle, on retrouve ici la "grande salle", siège du pouvoir politique, la salle du trône et la chancellerie. L'élégance des portiques et des galeries qui allègent les façades principales s'oppose à l'austérité de l'enveloppe extérieure, percée d'archères et couronnée d'un crénelage en briques.
Les murs du palais, construits en galets et en briques liés au mortier, étaient enduits à la chaux et peints. Portes, fenêtres, galeries, escaliers, chaînes d'angle des murs, tours principales sont en pierres de taille : pierre ocre ou bleue, marbre rouge de Villefranche-de-Conflent, blanc et bleu de Céret, grès.

Un jardin belvédère à découvrir absolument

Qu'il flâne à l'ombre des grands arbres en attendant la visite guidée ou qu'il se promène pour apprécier encore quelques minutes la beauté du lieu, le visiteur peut désormais découvrir le nouveau jardin. Le contraste est saisissant entre la vaste esplanade qui garde le souvenir de l'aridité de l'ancienne lice devenue place d'armes et les plantations choisies pour évoquer les jardins médiévaux disparus. Les plantations donnent déjà une idée du résultat final que chacun pourra mieux apprécier d'ici un ou deux ans lorsque les sujets auront pris toute leur place.  Pins, cyprès, chênes verts, treilles, orangers, figuiers, oliviers, arbousiers, prés, etc ...

Dans le même temps, l'esprit du jardin belvédère voulu par ses concepteurs des années 60 est respecté. La promenade qui longe le chemin de ronde propose aux visiteurs un parcours ombragé offrant de multiples points de vues sur la ville et les Pyrénées. A compléter absolument par l'ascension de la "tour de l'hommage" pour une vue panoramique à couper le souffle ...

La visite du palais





Légende

1 - Fossé ; 2 - Barbacane ; 3 - Tour de l'Hommage ; 4 - Salle du trône ou Palais blanc ; 5 - Salle à manger ; 6 - Premier logis royal ; 7 - Grande salle ou Aula ; 8 - Logis de la reine ; 9 - Couloir ; 10 - Logis du roi ; 11 - Chapelle Sainte-Croix ; 12 - Chapelle Sainte-Madeleine

Vue panoramique intérieure

Vue panoramique extérieure

Remarque : La souris permet le défilement de l'image, le clic droit de la souris permet de zoom
Photo : Christian FAMILIARI

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La citadelle de Perpignan

En signant le traité de Bayonne le 9 mai 1462, le roi Joan II d'Aragon obtient l'appui du roi de France Louis XI pour faire face à une révolte des Catalans. Il lui cède en échange les revenus des comtés de Roussillon et de Cerdagne, aussitôt occupés.
Les rébellions se succèdent et Perpignan est assiégée en 1463, 1473 et 1474. Les Français se retranchent dans le palais : on parle pour la première fois de citadelle. L'aile nord souffre, la galerie attenante perd ses arcades gothiques. En 1493, le roi de France Charles VIII rend les comtés pour avoir les mains libres en Italie.

Pendant trois siècles, les guerres franco-espagnoles placent le palais au coeur du dispositif défensif de la frontière. Entre 1538 et 1587, l'empereur Charles Quint et le roi Philippe II d'Espagne l'entourent de murailles en briques rouges colossales. Une vaste place d'armes entourée de casernes s'étend à l'est.

Après l'annexion française (traité des Pyrénées - 1659), Vauban ajoute quelques ouvrages et une caserne. Au XIXème siècle, deux casernes casematées mettent un point final à l'aménagement de la citadelle.

Le saviez-vous ?

(!) Pour l'essentiel, les remparts de la citadelle de Perpignan qui enferme le palais sont l'oeuvre des ingénieurs du roi d'Espagne Philippe II au XVIème siècle.

(!) Vauban reconstruit les remparts de la ville à la fin du XVIIème siècle mais il ne touche pratiquement pas à la citadelle ni au palais qu'on appelle "le donjon".

(!)  Alors qu'il sert de caserne, le palais des rois de Mallorca est inscrit sur la liste des Monuments Historiques en 1875.

(!) La place de Perpignan est déclassée le 6 juillet 1901 à l'exception de la citadelle. Les remparts de la ville sont démolis en deux temps de 1904 à 1906 (front nord) puis de 1929 à 1931 (front sud).

(!)  Le 20 août 1913 le palais des rois de Mallorca est classé Monument Historique, les parties adjacentes de la citadelle inscrites à l'Inventaire supplémentaire en 1935.

(!) Le 24 janvier 1958 le palais des rois de Mallorca devient propriété départementale. 

(!) Depuis les années 1940, le Département participe à la restauration du monument. Il s'attache à le faire découvrir au plus grand nombre à travers des activités liées à la conservation (surveillance, visites guidées, recherches, restaurations, conférences, publications, maintenance), des expositions, des concerts, du théâtre, des réceptions, etc.

D'autres idées de balades ?

Vous voulez visiter le palais des rois de Majorque et vous cherchez ce qui peut aussi se visiter à proximité ? Faites une pause fraîcheur en centre ville à la Maison de la Catalanité, place Joseph Sébastien Pons, derrière la cathédrale et découvrez les trésors de nos réserves et de nos archives à la Chapelle Notre-Dame des Anges, rue Maréchal Foch, à deux pas de la place Arago. Plus d'informations sur les pages de ce site.

Contact

Palais des Rois de Majorque
Rue des Archers - 66000 PERPIGNAN
Tel : 04 68 34 64 93

Géolocalisation

Carte de géolocalisation des monuments historiques

Horaires d'ouverture

Ouvert 7/7 toute l'année

Fermé 1er/01, 1er/05, 1er/11 et 25/12

Du 1er octobre au 31 mai
Ouvert de 9h à 17h

Du 1er juin au 30 septembre
Ouvert de 10h à 18h

Service Educatif

Le Service Educatif du Palais des Rois de Majorque et des Monuments Historiques Départementaux met à la disposition des élèves et des enseignants divers outils pédagogiques et propose des parcours thématiques.

Informations disponibles en ligne sur ce site et sur le site du Rectorat de l'Académie de Montpellier.

... en savoir plus.

Un royaume catalan

Le 21 août 1262, Jaume Ier el Conqueridor, roi d'Aragon, lègue à son fils aîné Pere III le royaume d'Aragon, la principauté de Catalogne et le royaume de Valencia. Il donne à Jaume II, son cadet, le royaume de Mallorca (îles de Mallorca et Eiviça / Ibiza dans les Baléares), les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier.

Contesté par Pere III d'Aragon, le nouveau royaume connaît des débuts difficiles. A la suite du soulèvement de la Sicile contre les Français au cours duquel Pere III soutient les révoltés (Vêpres siciliennes), Jaume II de Mallorca laisse passer l'armée du roi de France Philippe III le Hardi (1285). Touchée par une épidémie, l'armée française doit battre en retraite. Le roi de France meurt à Perpignan. Entre temps, l'infant d'Aragon Alfons a envahi les îles Baléares y compris Menorca, encore musulmane, mettant fin à la Reconquête chrétienne en Méditerranée occidentale (1285). En 1298, la paix revenue, le roi de Mallorca en reprend possession.

Le royaume de Mallorca se développe ensuite sous les rois Jaume II (1276-1311) et Sanç (1311-1324). L'essor des villes est remarquable. Les grands chantiers se multiliplient : palais, églises, couvents. Les souverains favorisent l'industrie et le commerce. Dans les ports de Mallorca et Collioure transitent des dizaines de navires qui sillonnent toute la Méditerranée. Le royaume atteint son apogée pendant la régence de Felip (1324-1329) et sous Jaume III (1329-1349). Le développement de la draperie roussillonnaise symbolise ce dynamisme. A peine présents au XIIIème siècle à Prats-de-Mollo et Perpignan, ville de foire où circulent draps flamands et languedociens, les drapiers prospèrent au XIVème siècle. Par leur savoir-faire marchand et technique, pareurs et tisserands catalans s'imposent en moins de trois décennies à Valencia, à Mallorca, en Sicile.

Au terme d'une nouvelle querelle, le roi Pere IV d'Aragon chasse Jaume III de Mallorca (1343) puis de Perpignan (1344). Jaume III s'exile à Montpellier qu'il vend au roi de France avant d'être tué sur le champ de bataille de Lluchmajor le 25 octobre 1349 en tentant de reconquérir le trône. Ses héritiers revendiqueront sa succession en vain jusqu'en 1395.

Exposition permanente

"Un roi bâtisseur, Jaume II de Mallorca (1243-1311)"

Installée dans le palais en 2011, l'exposition commémore le 700 ème anniversaire de la mort du constructeur du palais.

On y découvre comment le roi Jaume II a modelé durablement les paysages urbains et ruraux de la couronne de Mallorca d'abord en qualité de procureur général du vivant de son père, le roi Jaume Ier d'Aragon, puis après son accession au trône.

Bibliographie

UN PALAIS DANS LA VILLE

Actes du colloque international - 2 volumes - Collection Archéologie Départementale - Editions Trabucaïre - 2014

Cet ouvrage abondamment illustré réunit les contributions des intervenants lors du colloque et divers rapports de fouilles archéologiques, certains inédits.

Le premier volume est consacré entièrement au palais depuis sa construction jusqu'à sa réhabilitation. Le second volume apporte un regard nouveau sur la ville de Perpignan au temps des rois de Majorque.

En vente sur place et en librairie

On en parle dans...

L'Accent Catalan n° 60, n° 79, n°93 (disponibles sur ce site)

Pyrénées Orientales : l'accent catalan de la république française
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