Accueil  >  Découvrir le Département  >  Partir à la rencontre du Patrimoine Catalan  >  Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine (CCRP)  >  Projets Phares  >  Renaixement

Outils utilisateur Diminuer la taille de la policeAugmenter la taille de la policeChanger le contraste Supprimer la personnalisation Imprimer Facebook

Renaixement : la peinture du XVIe siècle dans le département

     La Renaissance en Catalogne, pour les arts picturaux, s'étend sur 150 ans : du gothique finissant, dans la dernière décennie du XVe siècle, jusqu'à l'apparition du baroque, vers 1640.
Il s'agit de l'un des moments les plus riches de la production artistique catalane, une période troublée au cours de laquelle les commanditaires (paroisses, couvents, riches donateurs) ont fait appel à des maîtres catalans, puis à des peintres venus de l'extérieur (français, flamands, puis italiens). De ce brassage a résulté une production originale, dont de nombreux chefs-d’œuvre.

Le Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine vous propose de découvrir cette peinture méconnue, pourtant largement présente dans les églises du département.
Partez à la rencontre des oeuvres en suivant les itinéraires Renaixement, sur le site www.culture66.fr, en cliquant sur la bannière ci-contre, ou accédez au recensement en ligne ci-dessous.

Recensement des oeuvres peintes du XVIe siècle

     Ce grand siècle artistique peut être découpé en plusieurs périodes, chacune caractérisée par les apports de l’extérieur (italien et flamand principalement) ou par une activité plus ou moins intense des peintres autochtones.

1490-1530

1530-1570

1570-1600

1600-1640

Voir l'image en grand Communes conservant des oeuvres peintes du XVIe siècle

1490-1530

    Durant cette première période sont actifs, d'une part des ateliers roussillonnais et d'autre part des peintres venus du nord. En effet, une tradition d'immigration des artisans est très marquée entre le XVe et le XVIIe siècle en Roussillon : des peintres flamands ou germaniques sont venus s'installer dans notre région ont exécuté un certain nombre d’œuvres, dont certains chefs-d'oeuvre.
Ces peintres exogènes demeurent rares dans la documentation du fait de leur grande mobilité dans le territoire, de part et d'autre des Pyrénées notamment, et leurs activités se situant principalement en zone rurale. Cependant, des œuvres présentant des caractères hérités des modèles venus du Nord de l'Europe confirment leur présence.
L’influence nordique en matière de peinture s'exprime principalement par la richesse des plis et l'opulence dans le traitement des drapés ; le goût pour le portrait ou les visages sont marqués par une certaine vigueur et vérité.

Parmis les peintres locaux, on retrouvent principalement deux ateliers influents : d'une part celui du le Maître de Canapost, auteur du retable éponyme conservé au Musée d'Art de Gérone. Cretains* reconnaissent en lui Rafael Tamaro, chanoine de Perpignan auteur du retable de la Loge de mer (Musée H. Rigaud, Perpignan) et du panneau de la Crucifixion de Palau del Vidre.
Le second peintre attesté est Jaume Forner, actif à Perpignan en 1509, puis à Barcelone (1559). Il est notamment l'auteur du retable de la vierge de l'église Notre-Dame de Las Gradas à Marcevol (Arboussols). Le  panneau de saint Jean de Passa a été réalisé par un peintre de sa mouvance mais ayant bénéficié d'influences nordiques.

On identifie plusieurs peintres certainement originaire de l'Europe septentrionale ; 2 sont les auteurs du retable de la Magrana à la cathédrale de Perpignan (vers 1500-1505), un autre est le peintre des volets de l'orgue de la même cathédrale (1505) et a peut-être réalisé la prédelle de saint Roch d'Argelès-sur-mer (vers 1515). Un autre peintre flamand a réalisé la seconde prédelle d'Argelès ainsi que les 7 autres panneaux qui les acccompagnent. Un autre artiste de cette mouvance a peint le retable de Llupia.


 *Cette hypothèse a récemment était proposée par Rafael Cornudella, conservateur au M.N.A.C, Barcelone

Communes concernées : Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes ; Arboussols ; Argelès-sur-Mer ; Latour-de-Carol ; Llupia ; Palau del Vidre ; Passa ; Perpignan ; Vivès

Le milieu du XVIe siècle (1530-1570)

     Dès les années 1530, la production florissante du premier quart du XVIe siècle ralentit. Après les années 1530 la situation des comtés nord-catalans s’aggrave durablement : la peste refait surface à partir de 1531 et les conflits entre la France et la couronne aragonaise sont réactivés.
La population fuit vers les campagnes, les nobles sont chassés et l'économie s'écroule à nouveau.
Le taux de population des comtés s'effondre de 50 % entre 1515 et 1553. Il en va de même pour celui des peintres. En l'absence d'une élite bourgeoise puissante, le collectionnisme est quasiment inexistant. La production picturale est alors très faible entre 1530 et 1560. D'autre part, il y eut certainement des destructions liées aux incursions militaires récurrentes des troupes belligérantes et leur lot d'exactions.
Elle reprend cependant durant la décennie suivante, voit la situation des comtés se stabiliser ce qui favorise la commande, religieuse notamment après la tenue du Concile de Trente (1545-1563).
Durant ces années, exercent en Roussillon des peintres principalement issus des ateliers locaux, mais également des artistes étrangers italianisants. La diffusion des modèles italiens atteignant le Roussillon est marqué par le goût pour les représentations architecturales (dômes, basiliques à colonnes …) et les décors imités de l'antique.

Communes concernées : Caudiès-de-Fenouillèdes ; Eus ; Nahuja ; Osseja ; Palau del Vidre ; Ponteilla ; Prades ; Taillet ; Vernet-les-Bains

La fin du XVIe siècle (1570-1600)

    Le Roussillon, après avoir semblé s'ouvrir aux nouveautés françaises et italiennes, resserre au contraire ses liens avec la Catalogne durant cette période. On devine des échanges permanents entre Gérone, Barcelone et Perpignan. L'art en Roussillon reste profondément religieux et conserve une iconographie imaginée par le Moyen âge en l'honneur de la Vierge et des Saints.
En parallèle, Perpignan continue sa transformation en boulevard militaire. L’Espagne de Charles Quint puis de Philippe II fortifie sa frontière avec la France. Le financement de ces travaux pèse lourdement sur l'économie déjà anémiée des anciens comtés de Cerdagne et de Roussillon et crée un climat peu propice au développement artistique. Il subsiste néanmoins des clients pour les artistes dans les cercles religieux (les couvents et les confréries).
Ainsi dans le dernier quart du 16e siècle sont principalement actifs les ateliers autochtones. Cette période est aussi marquée par la création d'associations commerciales de peintres afin d'exploiter au mieux ce marché peu exigeant. Parmi celles-ci, on peut citer celle constituée par Antoni Peytavi, Joan Perles, Joseph Brell (pour les œuvres attribuées). Chacun de ces peintres connaîtra par ailleurs une carrière plus ou moins riche de manière indépendante.

Communes concernées : Brouilla ; Canohès ; Latour-de-Carol ; Oreilla ; Rivesaltes ; Serdinya ; Calce ;Fontpédrouse ; Joch ; Olette ; Osseja ; Saint-Genis des Fontaines ; Saint-Laurent-de-la-Salanque ; Souanyas ; Ur

La Renaissance et les prémices du Baroque (1600-1640)

Cette dernière période correspond à l'assimilation par les peintres roussillonnais des modèles italiens et renaissants.
On rencontre dans cette période en particulier les peintres de la famille Rigau (ancêtre de Hyacinthe, peintre de la cour à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle), ainsi que Bartholomeu Gonzalès.

Par la suite, nous assistons à une “disparition” temporaire de la peinture au profit des grands retables baroques sculptés et dorés. Les peintres se recycleront pendant un demi-siècle en doreurs et polychromeurs de retables.
La période baroque (environ 1640-1750) a contribué à l'effacement voire la destruction de pans entiers d’œuvres peintes du 16e siècle. À l'occasion de l'édification des monumentaux retables en bois sculpté et doré, reflet de la magnificence et de l'effet ostentatoire de l'Église après la Contre-Réforme, on a procédé au démembrement, voire à la destruction des retables Renaissance. Dans certains cas, des fragments ont été conservés, voire réemployés comme planches pour la construction ou la réparation des retables baroques.

Communes concernées : Eus ; Fontpédrouse ; Sainte-Léocadie ; Alenya ; Amélie-les-Bains-Palalda ; Argelès-sur-Mer ;  Brouilla ;  Espira de l'Agly ; Fuilla ; Joch ; Olette ; Palau del Vidre ; Perpignan ; Peyrestortes ;Ponteilla  ;Saint-Genis des Fontaines ; Saleilles ; Villefranche de Conflent

Bibliographie indicative


DOPPLER S.,
La peinture de la Renaissance dans les comtés nord-catalans (1480-1540), Thèse de Doctorat sous la direction de CASTANER-MUNOZ E., Université Via Domitia- Perpignan, 2013

DURLIAT M., Art anciens du Roussillon, Conseil Général des Pyrénes-Orientales, Perpignan 1954

MATHON J.-B., Le maître de Llupia, une peinture en Roussillon au début du XVIe siècle. Silvana editoriale, Milan, 2012

 

Contact

Direction du Patrimoine et de la Catalanité
Maison de la Catalanité, de la Culture et du Patrimoine
11 rue Bastion Saint Dominique
66000 Perpignan
Tel :  04 68 08 29 30

Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine
150 avenue de Milan
Zone St Charles
66000 Perpignan
Tel. 04 68 85 89 40
Fax. 04 68 54 45 61

Responsable
Jean-Bernard MATHON

Pyrénées Orientales : l'accent catalan de la république française
Le Département des Pyrénées-Orientales

24, quai Sadi Carnot
66009 - Perpignan Cedex

Tél. 04 68 85 85 85
Nous contacter