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Au délà des Pyrénées-Orientales...

En Ligurie : les Cartelami, un théâtre de papier.

 

    En Ligurie, c'est autour de la Riviera di Ponente (la zone littorale) que l'on retrouve une grande variété de types, de matériaux et de techniques dans la conception des décors peints de la Semaine sainte. Ces décors appelés Cartelami tirent leur nom de l'utilisation du carton et du papier pour leur confection. Ils constituent le plus souvent un ensemble de  silhouettes peintes à la détrempe sur du carton plus ou moins épais, ou sur du carton entoilé. Dans certains cas, elles sont peintes à l’huile. Ce n’est que dans les installations plus complexes (architecture en trompe-l’œil) que prévaut l’emploi de la toile peinte, solution plus coûteuse.

 Ces ensembles de silhouettes figuraient des scènes de la Passion et apportaient plus de souplesse aux installations tout en prenant une ampleur variable dans l'église : à Laigueglia par exemple, sur la Riviera di Ponente, l’invention scénique n’impliquait pas seulement une chapelle de l’église paroissiale, mais s'avançait largement dans le transept.

 

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Voir l'image en grand Catelmami de la Déposition, oratoire de San Pietro al Parasio. XVIIIe siècle

         

* Illustrations extraites de l'ouvrage : Albert-Lorca, Marlène, Aribaud, Christine, Lugand, Julien, Mathon, Jean-Bernard, Monuments et décors de la Semaine Sainte en Méditerranée : arts, rituels, liturgies, Méridiennes, Toulouse, 2009

les Sepolcri corses, entre influence italienne et culture locale.

 

      De 1284 à 1768, la Corse fut une possession de la République de Gênes. Cette longue histoire commune a induit une forte proximité culturelle et l’usage de décors éphémères de la Semaine sainte en est l'un des témoins.                            
Les décors de la Semaine sainte corse prennent plusieurs formes : tout d'abord ils peuvent être constitués de pavillons textiles, c'est-à-dire un compromis entre la tente et le baldaquin. Ces toiles étaient peintes, et tout comme en Roussillon certaines d'entre elles étaient tendues sur des châssis de bois. Ces décors représentaient le tombeau du Christ gardé par des soldats romains représentés sur la première toile et par   la « visite » de ce lieu, les fidèles y manifestaient leur dévotion . Les pans de toile intérieurs du décor représentaient des scènes de la Passion invitant le fidèle à la méditation sur les souffrances du Christ.
Dans le Nord de l'île et en particulier à Bastia, point de contact principal de l'île avec la capitale Ligure, ces décors prennent la forme de silhouettes peintes sur bois ou carton analogues aux cartelami italiens.

Les décors de la Semaine sainte en Ligurie, en Corse et en Roussillon  ont globalement le même cadre chronologique : attestés dès le XVIe siècle, ils tombent en désuétude avant le milieu du XXe siècle.

 

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* Illustrations extraites de l'ouvrage : Albert-Lorca, Marlène, Aribaud, Christine, Lugand, Julien, Mathon, Jean-Bernard, Monuments et décors de la Semaine Sainte en Méditerranée : arts, rituels, liturgies, Méridiennes, Toulouse, 2009

En Catalogne, entre abandon et usage des décors de la Semaine Sainte

    En Catalogne, on conserve également quelques exemples de monuments largement analogues à ceux découverts en Roussillon tant par leur conception technique que par l'iconographie qu'ils présentent. Au delà des toiles et des panneaux peints, on retrouve largement les objets associés aux décors et aux rituels locaux tels que les claquoirs et les martelets pour la coutume de patrica-patroca.

Des décors similaires aux monuments se retrouvent également dans les limites nord-ouest de la communauté autonome, dans le Val d'Aran. Dans cette dernière vallée, comme dans beaucoup de régions, les églises ont souffert de la destruction de nombreux retables durant la guerre civile( 1936-1939). Ces destructions ont eu pour conséquences – positives – la conservation des toiles de monuments qui constituèrent des décors temporaires pour les offices. En effet, les tentures du décor de la semaine sainte furent tendues sur cadres et furent disposées sous la forme d'un décor de substitution fixe.

A Bossost, il semble que l'on perpétue encore la tradition des monuments sans interruption notable depuis sa mise en place. Cette localité espagnole des Pyrénées centrales dépendait du diocèse français de Comminges jusqu'à la Révolution.

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Voir l'image en grand Vendeuse de matraques et claquoirs dans une rue de Barcelone - 1932 (JM Sagarra)

     

 

* Illustrations extraites de l'ouvrage : Albert-Lorca, Marlène, Aribaud, Christine, Lugand, Julien, Mathon, Jean-Bernard, Monuments et décors de la Semaine Sainte en Méditerranée : arts, rituels, liturgies, Méridiennes, Toulouse, 2009

 

 

Les décors de la Semaine sainte en Aragon

      En Aragon comme en Roussillon, les monuments apparaissent dans les sources aux alentours du XVIe siècle.
Deux types de monuments peuvent être repérés en Aragon : les monuments turriformes (en forme de « tour »), dont l'aspect général est marqué par la superposition de registres décoratifs (éléments architecturaux et figures humaines) afin de rappeler les tumulus, les mausolées des rois. Le second type, plus fréquents, désigne des monuments en forme de « nef profonde » constituée par une succession d'arcs en toile donnant une impression de profondeur. Ce dernier type s'apparente totalement aux monuments que l'on retrouve dans les Pyrénées-Orientales.
D'après les sources écrites, à l’origine les monuments devaient être conçus en toile et en bois avec une structure solide et comprenaient une assise en pierre comme c'était le cas pour celui de la cathédrale de Huesca.
Avec le temps ces décors se sont manifestement simplifiés constituant des toiles tendues sur de  simples supports. Cette évolution est liée à des raisons économiques mais simplifiait également le travail des personnes chargées d’installer et d'enlever le décor.
Comparablement à ceux des Pyrénées-Orientales, alors que la liturgie officielle invitait le fidèle à se focaliser sur l'Eucharistie et le partage, les monuments aragonais évoquent en parallèle la Passion, la Mort et la Résurrection.
Le monument de l'église de Biscarrués,  (fin XVIIIe siècle) est régulièrement remonté dans la période de la Semaine Sainte depuis sa restauration au début des années 2000.

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    Voir l'image en grand Monument de l'église paroissiale d'Ibdes (Saragosse)    

*Illustration extraites de l'article (accessible en ligne):CALVO RUATA José Ignacio et LOZANO LÓPEZ Juan Carlos, « Monumentos de Semana Santa En Aragón (siglos XVII-XVIII) », Artigrama, n°19, 2004, p.95-137

 

 

Décors de la Semaine sainte au Pays Basque

 

 

 

      Les monuments de la Semaine sainte au Pays Basque sont, comme dans les Pyrénées-Orientales, reliés au thème de l'exaltation de l'Eucharistie et de la Passion avec une fin clairement didactique.
Les monuments basques sont également appelés « perspectives dans la mise en scène » [perspectivas en la escenografía] et montrent une véritable recherche dans la volonté de rendre l'illusion d'une profondeur par des éléments d'architectures peints en trompe-l’œil.
Les sources historiques confirment l'utilisation des monuments peu avant le Concile de Trente, au début du XVIe siècle. La mise en place de ces décors cessa manifestement aux alentours des années 1940.

 

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Voir l'image en grand Toile du monument de l'église Santa Maria de Bermeo

     

*Illustrations extraites des articles et ouvrages suivants (accessibles en ligne):
ECHEVERRÍA GOÑI Pedro, Los monumentos o «perspectivas» en la escenografía del siglo XVIII de las grandes villas de la Ribera estellesa, Gobierno de Navarra, Departamento de Educacion y Cultura, Pamplona obierno de Navarra, Departamento de Educacion y Cultura, Pamplona, 1990
FERNANDO R., BARTOLOME GARCIA, « Patrimonio recuperado : el monumento de Semana santa de la Iglesia de Heredia » in Akobe, Intervenciones en Conservacion Restauracion Nº. 4, 2003 , p. 64-68
ZORROZUA Santisteban, «El Monumento de Semana Santa de Santa María de Bermeo (Bizkaia) » in Revisiòn del Arte Neoclasico y Romantico. Ondare. 21. (2002) p. 257-272

Textes et mise en page : AZEMA Simon - 2014

Pyrénées Orientales : l'accent catalan de la république française
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